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Crypto-monnaies : une nouvelle histoire marquée par l’escroquerie & le vol

19 Août 2019
Crypto-monnaies, Bitcoin, Ether, Crypto-actifs - Droit des nouvelles technologies - Vol Cyber infractions

Cryptomonnaies, Bitcoin, Ether, Crypto-actifs – Droit des nouvelles technologies – Vol Cyber infractions

 

Depuis leur apparition et leur destin quasi-prophétique, les crypto-monnaies, crypto-mining et indirectement le système de Blockchain découvrent malgré eux les limites de leur infaillibilité.

De fait, ce nouveau système de paiement particulièrement « tendance » grâce à la célébrité du Bitcoin fait l’objet depuis sa démocratisation d’attaques quasi-continues de la part de hackers informatiques parvenant de manière répété à forcer les plateformes et dérober le contenu des coffres virtuels.

Vols, escroqueries, ransomware, fraudes… la cybercriminalité touche encore fortement la Blockchain et les liquidités croissantes des cryptomonnaies. En regardant en arrière, 2019 reste la pire des années avec un total de plus de 4,5 milliards de dollars passés entre les mains de personnes ou d’organisations malveillantes. Cela dit, 2021 démarre déjà sur les chapeaux de roues.

1,5 milliards d’euros en crypto-monnaies volés en 2018

Une succession de sociétés exploitant des plateformes de crypto-monnaies ont ainsi été victimes ces dernières années de piratages informatiques aboutissant à des vols de valeur : en 2018, le nippon Coincheck pour 426 millions d’euros ; depuis janvier 2019 successivement, le néozélandais Cryptopia pour 14 millions d’euros, le coréen Bithumb pour 17 millions USD, le singapourien DragonEx pour 8 millions USD, CoinBene, le singapourien « Bitrue » pour quatre millions d’euros.

En juillet dernier, c’est la plateforme d’échange de crypto-monnaie nippone « Bitpoin », détenue par la société Remixpont, qui a été victime d’un piratage informatique, les auteurs ayant dérobé une somme équivalente à 29 millions d’euros en divers actifs numériques : Bitoinc, Bitcoin cash, Etherum, Litecoin, Ripple

Deux groupes de hackers seraient à l’origine de 60% de tous les piratages de bourse d’échange de crypto monnaie publiquement connus et auraient volé environ un milliard de dollars de crypto monnaie, selon un rapport publié la semaine dernière par la société d’analyse de blockchain Chainalysis.

États et GAFA développant leurs modèles : Libra et cryptos

La fragilité des crypto-monnaies soulève la question difficile liée à leur reconnaissance par les états comme moyen de paiement fiable. À travers les différents échecs et obstacles rencontrés, le monde des crypto monnaies stabilise progressivement son écosystème. Des moyens novateurs sont développés en parallèle pour apporter plus de sécurité à ces transactions, notamment pour assurer leur confidentialité – nouveaux protocoles d’échanges et d’anonymisation, introduction de signatures cryptographiques 2.0, mécanismes de preuves à divulgation nulle de connaissance, etc. Plusieurs banques, prestataires voire même états préparent ainsi le lancement de leur propre crypto monnaie.

Le GAFA Facebook, est ainsi sur le point de lancer prochainement sa propre crypto-monnaie « Libra », afin de pénétrer le marché des services financiers en ligne. Cette dernière, basée sur une blockchain privée, devra éprouver à l’image de ses concurrents la solidité de ses codes informatiques pour éviter tout hacking.

Mai 2021, la cryptomonnaie Libra de Facebook n’est pas encore arrivée sur le marché et n’est pas encore disponible sur les marchés. La réticence de plusieurs gouvernements voyant un risque de remise en cause de leur souveraineté monétaire et la défection de partenaires financiers importants a retardé le lancement officiel de la monnaie et sa diffusion.

En France, le ministre des Finances, Bruno Lemaire, n’a pas caché son inquiétude face à l’arrivée de la Libra et s’affiche comme un fervent opposant de sa mise en circulation. La Russie a annoncé qu’elle ne la légaliserait pas et Washington n’est toujours pas rassuré.

La Chine a également annoncé mi-août la mise en place d’une crypto monnaie souveraine chinoise, contrôlée par le gouvernement. Cette annonce s’inscrit dans la lutte engagée depuis 2017 visant à interdire les ICO (Initial Coin Offerings), le minage de bitcoin et plus généralement la fermeture sur le territoire de plus d’une centaine de crypto-bourses étrangères.

Infractions sur les crypto-monnaies en 2019 : actualités de vol et escroquerie

L’année 2019 a connu un nombre considérable d’attaques sur les cryptomonnaies :

  • La bourse d’échange de cryptomonnaie Cryptopia en Nouvelle-Zélande a été piraté au cours du mois de janvier 2019 révélant jusqu’à 16 millions de dollars de pertes potentielles.
  • En Février de la même année, Coinmama a été informé que 450 000 de comptes utilisateurs étaient en vente sur le Dark Web.
  • Mars 2019, Bithumb a déclaré un troisième incident de sécurité en deux ans avec plus de 20 millions de dollars volés en tokens EOS et Ripple.
  • Mai 2019, la plateforme Bestmixer a été saisie par Europol, poursuivie pour avoir blanchi plus de deux cents millions de dollars via des crypto-monnaies.
  • En Juin, six arrestations au Royaume-Uni et Pays bas par Europol et Eurojust ont visé des personnes ayant arnaqué jusqu’à 24 millions d’euros en Bitcoin
  • En septembre 2019, un pirate informatique a été inculpé pour des faits remontant en 2017 visant des attaques informatiques sur la cryptomonnaie EtherDelta.
  • En novembre 2019,  la bourse sud-coréenne PureBit aurait mis en place une arnaque à la sortie (exit scam), emportant 3 millions de dollars dans Ethereum.

 

Retrouvez la liste détaillée des vols et infractions constatées sur les crypto-monnaies.