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2026.05 : Esport Nation Cup : Régler le problème des séléctions pour les clubs et les joueurs

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Le roster francais de l’ENC est en voie d’être finalisé sur le papier. Mais aucune certitude juridique n’existe encore sur les points majeurs : la libre disponibilités des joueurs vis-à-vis de leurs clubs, le chevauchement d’une compétition avec l’ENC, la répartition des cash-prizes, la renégociation avec les sponsors sur la période concernée pour les droits d’image des joueurs, etc.

Les acteurs esportifs doivent réagir au plus vite pour protéger leurs intérêts en analysant l’ensemble de leurs contrats pour identifier les options possibles, les avantages et contraintes et sécuriser l’avenir.

Est-ce que vos contrats prévoient ce qui se passe si votre joueur est sélectionné pour l’ENC ? Si vous n’êtes pas certains, nous pouvons vous aider à faire le point rapidement.

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La première édition de l’Esport Nation Cup (ENC) se déroulera à Riyad du 11 au 29 novembre 2026. L’évènement opposera 32 équipes nationales sur une quinzaine de titres de jeux vidéo majeurs de la scène esportive dont : Valorant, Lol, Dota 2, Apex Legends, PUBG, TFT, Street Fighter & Tekken, Call of Duty, R6, CS2, Trackmania.

Son organisation s’est révélé toutefois délicate. Historiquement envisagé comme les prémices d’un partenariat avec le Comité International Olympique pour des jeux olympiques esportifs (projet abandonné fin 2025), l’ENC se confronte depuis à de nombreux problèmes :  rupture avec la KeSPA coréenne, contraintes techniques et politiques en Chine et aux Philippines, conditions d’engagement de la Russie et l’Ukraine, statut de Taïwan, forfait de Cuba, etc.  

En France, l’absence de fédération nationale a rendu difficile l’identification d’un interlocuteur unique à même de coordonner les participants pour la délégation nationale. Un appel d’offre et des négociations pour le moins délicate a abouti à la nomination d’un sélectionneur officiel, Quentin « Zeph » Viguié, ayant désormais la charge de composer une équipe de joueurs… pour la quasi-totalité sous contrats.

Cette situation soulève un problème connexe : Les contrats esportifs se sont professionnalisés depuis 2020, mais la représentation par un conseil juridique spécialisé reste l’exception dans les échelons inférieurs de la compétition. En l’absence de clause de release, de stipulations sur la responsabilité en cas de blessure, les droits image sous les couleurs nationales ou la répartition des prize money, les clubs n’ont ni protection ni levier. L’organisateur a lui-même reconnu que les conflits entre représentation nationale et obligations vis-à-vis des clubs constituent un défi structurel susceptible de limiter la participation.

Les contrats esportifs de joueurs : La bête noire française

Les conditions de participation des joueurs esportifs aux activités de clubs a toujours été un point sensible de l’écosystème. Souhaité lors de la construction du cadre légal français, le régime juridique de 2026 n’a pas solutionné efficacement le sujet : le contrat de travail à durée déterminé largement inspiré du droit du sport n’a été que très peu appliqué, du fait notamment de la fragilité économique de clubs.

Il demeure à ce jour une incertitude plus ou moins importante quant à la nature des relations clubs / joueurs, l’étendue des obligations des joueurs et la qualification de leurs contrats. Cette incertitude se traduit en un risque de requalification en contrat de travail, plusieurs décisions de justice ayant été rendues en ce sens ces dernières années.

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Contrats de joueurs esport : « Release or not release ».

Compte tenu des délais imposés par les organisateurs, les sélectionneurs nationaux disposent de délais très courts pour évaluer les talents, identifier et traiter les éventuelles contraintes contractuelles.

Faute d’une structuration hiérarchisée et uniformisée, les clubs esportifs ne sont pas tenus de libérer les joueurs le temps de compétitions nationales – une première en la matière. En conséquence, la participation du joueur à l’ENC dépendra nécessairement des dispositions contractuelles de son contrat avec le club.

Un risque de conflit avec d’autres évènements esportifs, manifestations ou opérations promotionnelles des clubs est certain pouvant placer le joueur en situation de violation contractuelle.

De la même manière, les conditions de participation des joueurs, les liens avec le sélectionneurs et les organisateurs de l’évènement sont susceptibles de donner lieu à des enjeux juridiques très importants :

Clubs & joueurs esport : « Ready, Set, Sit down »

Impératif voire opportunité, l’audit express des contrats de joueurs permet d’identifier au plus vite le périmètre exact de leurs prérogatives et/ou contraintes pour sa participation à cet évènement exceptionnel. Dans certains cas, notamment pour des joueurs tenus par des contrats supervisés ou contrôlés par des éditeurs / organisateurs d’évènements internationaux, des vérifications complémentaires devront être réalisées.

Une négociation des clubs avec les joueurs et le sélectionneur officiel pour envisager la mise à disposition impliquera une attention sur la durée exacte de cette libération temporaire ou anticipée, les conditions financières à la fois pour le joueur voire pour le club en cas de perte de revenus publicitaires dérivés, les responsabilités et assurances associées à l’emploi des joueurs, la gestion des droits à l’image pendant la compétition,  etc.

L’ENC 2026 est un révélateur pour le secteur : Les clubs qui n’anticipent pas dès aujourd’hui se retrouveront dans la même situation en 2028 — avec deux ans de jurisprudence en plus contre eux.

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Publié le : 16/05/2026

PX Chomiac de Sas