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À l’occasion d’un article publié par RMC sur les pratiques de tarification dynamique (dynamic pricing), le cabinet PCS Avocat a été sollicité pour apporter un éclairage juridique sur les droits des consommateurs face aux surcoûts constatés lors de l’achat de billets de concert de Céline Dion.
Consulter l’article sur RMC : « Billets de concert, train… En cas de surcoût dû à la tarification dynamique, pouvez-vous exiger un remboursement ? », publié le 22 avril 2026.
Dynamic pricing : Adapter en temps réel l’offre et la demande
La tarification dynamique regroupe des mécanismes de vente de biens et services intégrant une variation en temps réel du prix proposé selon plus critères déterminés : offre et demande, période concernée, zones géographiques, etc.
La complexification des algorithmes et pratiques constatées a soulevé des interrogations croissantes quant aux mécanismes réels de tarfication dynamique et la juste protection des consommateurs.
Dynamic pricing : De la SNCF à Oasis & Céline Dion
Secteurs initiaux et secteur dérivés. Longtemps cantonné au secteur de l’aviation, l’énergie et de l’hôtellerie, le recours à la tarification dynamique s’est progressivement étendu à de nombreux secteurs : billetterie de spectacles et de concerts, transport ferroviaire (SNCF), plateformes de streaming, vente en ligne, ou encore restauration rapide.
Problèmes dans les places de concert. Nombreux sont les exemples ces dernières années de vente de billets de concerts ayant fait apparaitre des critiques ou plaintes en lien avec les pratiques constatées de tarification dynamique :
- Bruce Springsteen (2022–2023 puis « Land of Hope and Dreams Tour – 2026 ») confrontés à des tarifications dynamiques via Ticketmaster vendant certains billets plusieurs milliers de dollars.
- Taylor Swift / Eras Tour (2022–2024) poussant le Sénat américain à assigner à comparaitre les sociétés Ticketmaster et Live Nation pour obtenir des documents sur leurs pratiques tarifaires, leurs frais et leurs pratiques de revente.
Plus récemment, le groupe Oasis annonçant en aout 2024 une nouvelle tournée a poussé des millions de fans à se connecter sur le site Ticketmaster. L’algorithme de la plateforme submergée aurait fait ainsi tripler le prix des places.
Pratiques de tarification dynamique abusives – Réaction des autorités.
Les différentes autorités étatiques investissent progressivement le sujet de la légalité des conditions d’achat de places de concert.
En mai 2024, le Département de Justice a lancé une action antitrust contre Live Nation-Ticketmaster, demandant la dissolution de la fusion.
Autorité Oasis. Dans le cadre des concerts du groupe Oasis, la Competition and Markets Authority (CMA) britannique a ouvert une enquête contre Ticketmaster, potentiellement suivi par la Commission européenne serait également en cours de préparation d’une enquête.
Dans la foulée, le gouvernement britannique a lancé en janvier 2025 un appel à contribution sur les pratiques tarifaires dans le secteur du spectacle vivant, visant à comprendre comment fonctionne la billetterie et ses impacts sur les consommateurs.
Autorités Celine Dion. Suite aux nombreux signalements de fans mécontents ou fortement appauvris, la DGCCRF a ouvert une enquête le 10 avril 2026 pour contrôler l’existence ou non de pratiques commerciales trompeuses ou déloyale.
C’est dans ce contexte que RMC a sollicité le cabinet PCS Avocat pour analyser les droits dont disposent les consommateurs confrontés à un surcoût imprévu ou à une variation de prix jugée abusive entre le moment de la navigation et celui du paiement.
Dynamic pricing : des pratiques légales et frustrantes
Ces pratiques intégrant une modulation du prix est légale par principe en droit français et européen. Toutefois, certaines pratiques peuvent conduire à des abus et constituer des infractions civiles ou pénales.
Le Code de la consommation et la directive européenne relative aux droits des consommateurs encadrent ainsi les pratiques susceptibles d’induire le consommateur en erreur sur le prix effectivement applicable. Le droit de la consommation impose aux professionnels une obligation d’information précontractuelle claire, notamment sur le prix final affiché, sous peine de sanctions.
La variation de prix entre le début de la navigation et le moment du paiement, ou la pratique consistant à afficher artificiellement un stock limité pour inciter à l’achat, peuvent être qualifiées de pratiques commerciales trompeuses au sens des articles L. 121-1 et suivants du Code de la consommation.
Les dark patterns de tarification — notion que le cabinet a analysée dans son guide dédié aux pratiques abusives dans le secteur numérique — constituent à ce titre un terrain d’investigation juridique en plein développement.
Dynamic pricing illicite : les recours disponibles pour le consommateur
En fonction de la situation, plusieurs voies s’offrent au consommateur lésé : la demande de remboursement fondée sur le droit de rétractation dans les délais légaux, le signalement auprès de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), ou encore le recours à la médiation de la consommation avant toute procédure judiciaire.
Dans les cas les plus graves, une action en justice pour pratique commerciale déloyale demeure envisageable.
Retrouvez l’ensemble de nos publications et interventions en lien avec ce sujet
· Guide – Jeux vidéo, dark patterns & dynamic pricing
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PCS Avocat intervient régulièrement dans les médias pour apporter un éclairage juridique sur les problématiques liées au droit du numérique, à la protection des données et aux nouvelles technologies. Retrouvez l’ensemble de nos interventions.